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Émotions au travail : comment accompagner son équipe sans sortir de son rôle ?

Le travail est aussi traversé par des émotions : inquiétude, frustration, colère, découragement, mais aussi satisfaction ou enthousiasme. Le responsable doit rester attentif à ce qu'elles révèlent, accueillir la parole, agir dans son périmètre et orienter si besoin.

Chloé Herran
Chloé Herran Assistante sociale du travail Relu et validé par Zahra Toudaoui, directrice d’ISCIPA
Publié le 6 octobre 2026
7 min de lecture
RPS · Posture d’encadrement
Une salariée en difficulté soutenue par un collègue
L'essentiel à retenir

Ce qu’il faut retenir sur la gestion des émotions en équipe

  • Les émotions font naturellement partie de la vie au travail.
  • Les exigences émotionnelles constituent l’une des grandes familles de facteurs de risques psychosociaux.
  • Un changement inhabituel de comportement peut inviter à ouvrir le dialogue, sans tirer de conclusion trop rapide.
  • Le responsable peut agir sur la charge, l’organisation, la coopération, les priorités ou les conditions de travail.
  • Écouter ne signifie ni diagnostiquer ni enquêter sur la vie personnelle.
  • Lorsque la situation dépasse son rôle, il doit connaître les relais disponibles.

Les émotions au travail : de quoi parle-t-on ?

Toutes les émotions exprimées au travail ne constituent pas des risques psychosociaux.

En revanche, certaines situations peuvent exposer durablement les salariés à des exigences émotionnelles importantes : devoir maîtriser ou cacher ses émotions, faire face à des personnes en difficulté, à des tensions, à des agressions ou encore afficher une attitude positive malgré ce que l’on ressent.

Pour le responsable d’équipe, l’enjeu n’est donc pas de « gérer les émotions » des salariés, mais de comprendre si certaines situations de travail méritent d’être examinées.

Repérer les changements sans les interpréter

Un retrait inhabituel, une irritabilité nouvelle, une baisse de qualité, des retards répétés ou une moindre participation peuvent attirer l’attention.

Ces manifestations ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’en identifier la cause.

Le bon réflexe consiste à partir de faits observables plutôt que d’une interprétation.

Partir des faits plutôt que d’une interprétation

Plutôt que :

« Vous avez l’air complètement démotivé »,

il est préférable de dire :

« J’ai remarqué que vous participiez moins aux réunions ces dernières semaines. Comment cela se passe pour vous actuellement dans votre travail ? »

Cette manière d’ouvrir l’échange permet au salarié de parler sans lui imposer une explication.

6 pratiques pour accompagner les situations émotionnelles

1. Partir des faits

Dire qu’un salarié est « trop sensible », « agressif » ou « démotivé » revient à porter un jugement sur la personne.

Il est plus utile de décrire les faits observés et d’interroger la situation de travail.

2. Écouter avant de proposer une solution

Quelques minutes d’écoute et de reformulation peuvent être nécessaires avant de déterminer ce qui doit être fait.

L’objectif est de comprendre la situation et d’identifier ce qui relève du travail, sans chercher immédiatement à tout résoudre.

3. Examiner ce qui peut être modifié dans le travail

Lorsque la difficulté concerne l’activité professionnelle, le responsable peut agir ou faire remonter certaines questions :

  • charge et priorités ;

  • objectifs et délais ;

  • répartition des missions ;

  • moyens disponibles ;

  • coopération ;

  • clarté des rôles ;

  • changements en cours ;

  • soutien et reconnaissance.

Le rôle du responsable ne s’arrête donc pas à l’écoute : il consiste aussi à agir sur ce qui relève de son champ de responsabilité.

4. Créer des espaces de régulation collective

Après une période intense, une réorganisation ou des tensions répétées, un temps collectif peut permettre de revenir sur ce qui a été difficile, ce qui a aidé et ce qui doit évoluer.

L’objectif n’est pas d’obliger les salariés à exposer leurs émotions, mais de mettre en discussion le travail et son organisation.

5. Respecter la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle

Un salarié peut choisir d’évoquer une difficulté personnelle ayant des conséquences sur son travail.

Le responsable peut accueillir cette information avec respect, sans rechercher davantage de détails que ce que la personne souhaite communiquer.

Son rôle consiste alors à identifier les conséquences professionnelles éventuelles et, si besoin, à faire connaître les ressources disponibles.

6. Connaître ses limites et les relais

Le responsable d’équipe n’est ni psychologue, ni médecin, ni assistant de service social.

Il ne pose pas de diagnostic et n’assure pas une prise en charge thérapeutique ou sociale.

Il doit en revanche connaître les ressources mobilisables :

  • service de prévention et de santé au travail ;

  • médecin du travail ;

  • service social du travail ;

  • ressources humaines ;

  • professionnels de santé ;

  • dispositifs d’urgence lorsque la situation le nécessite.

Où s’arrête le rôle du responsable ?

Le responsable peut :

  • écouter ;

  • prendre en compte une difficulté ;

  • interroger les conditions de travail ;

  • rechercher des ajustements ;

  • soutenir un salarié dans son activité ;

  • favoriser la coopération ;

  • informer sur les ressources disponibles ;

  • orienter vers un professionnel adapté.

En revanche, il n’a pas à établir de diagnostic, rechercher les causes intimes d’une difficulté, assurer un suivi thérapeutique ou prendre seul en charge une situation grave.

Cette frontière protège à la fois le salarié et le responsable.

Quelle place pour le service social du travail ?

Lorsqu’une difficulté personnelle ou sociale interfère avec la vie professionnelle, le service social du travail constitue un relais pertinent.

L’assistant de service social peut notamment accompagner les difficultés liées :

  • au budget ;

  • au logement ;

  • à la santé et à l’accès aux droits ;

  • au handicap ;

  • au maintien dans l’emploi ;

  • à la séparation ;

  • aux violences intrafamiliales ;

  • à l’aidance.

Les assistants de service social diplômés d’État sont soumis au secret professionnel.

Le responsable peut donc informer le salarié de l’existence de cette ressource sans avoir à connaître le contenu ou la suite de l’accompagnement.

Et les premiers secours en santé mentale ?

Les premiers secours en santé mentale apportent des compétences complémentaires.

Un secouriste en santé mentale apprend à reconnaître certains signes de difficulté psychique, à entrer en relation avec la personne, à l’écouter et à l’encourager à rechercher une aide adaptée.

Il ne pose pas de diagnostic et ne soigne pas.

La formation PSSM donne donc des repères pour apporter une première aide et faciliter l’orientation vers les professionnels appropriés.

La posture du responsable compte aussi

Un responsable qui communique clairement, reconnaît une difficulté et reste respectueux dans les désaccords contribue à créer un cadre de travail plus sécurisant.

Cela ne signifie pas qu’il doive masquer toutes ses propres émotions.

Il peut exprimer de manière mesurée qu’une situation le préoccupe, à condition de ne pas faire porter à son équipe la responsabilité de réguler ce qu’il ressent.

L’enjeu n’est pas d’être un responsable « sans émotion », mais de conserver une posture compatible avec son rôle.

Comment ISCIPA accompagne les responsables et les équipes ?

ISCIPA travaille la posture d’encadrement à partir des situations concrètes rencontrées dans les organisations.

Nos interventions peuvent notamment porter sur :

  • l’écoute et la communication ;

  • la prévention des risques psychosociaux ;

  • la régulation des tensions ;

  • la posture face à un salarié en difficulté ;

  • les limites du rôle d’encadrement ;

  • les relais internes et externes ;

  • les premiers secours en santé mentale.

Notre objectif n’est pas d’apprendre aux responsables à devenir des thérapeutes, mais de leur permettre de tenir pleinement leur rôle, agir sur ce qui relève du travail et mobiliser le bon interlocuteur lorsque cela devient nécessaire.

Vos responsables se sentent parfois démunis face aux situations humaines difficiles ?

ISCIPA peut construire avec votre entreprise une action de sensibilisation ou une formation adaptée aux réalités rencontrées par vos équipes.

Votre service social peut également vous aider.

Contactez ISCIPA au 05 59 31 07 38 ou à contact@iscipa.fr.

Aller plus loin avec ISCIPA

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Foire aux questions

Vos questions sur la gestion des émotions en équipe

Les questions les plus fréquentes posées par les RH et dirigeants que nous accompagnons.

+Faut-il parler des émotions en réunion d’équipe ?

Cela peut être utile, à condition de ne pas obliger chacun à exposer ce qu’il ressent. Un temps collectif peut permettre de revenir sur une période difficile, une transformation ou une tension en interrogeant ce qui, dans le travail, peut être amélioré. Les situations personnelles ou sensibles doivent en revanche être abordées individuellement.

+Comment réagir lorsqu’un salarié pleure ?

Le responsable peut proposer un endroit plus calme, laisser quelques instants à la personne et lui demander ce dont elle a besoin dans l’immédiat. Il convient d’éviter de minimiser la situation ou de chercher à obtenir des explications qu’elle ne souhaite pas donner. Lorsque la personne est disponible, le responsable peut ensuite examiner ce qui relève du travail et rappeler les relais disponibles.

+Un responsable doit-il montrer ses émotions ?

Il n’a pas à les nier systématiquement. Il peut exprimer de manière mesurée qu’une situation le préoccupe ou l’affecte, tout en conservant sa fonction d’encadrement. L’équipe ne doit toutefois pas se retrouver chargée de soutenir ou rassurer en permanence son responsable.

+Quels signes peuvent alerter sur des difficultés dans une équipe ?

Absentéisme, départs répétés, conflits, difficultés de coopération, incidents, baisse inhabituelle de la qualité du travail ou alertes du CSE peuvent inviter à regarder la situation de plus près. Aucun de ces indicateurs ne suffit toutefois, pris isolément, à conclure à l’existence de RPS. Ils doivent être croisés avec l’analyse des situations réelles de travail.

+Quelle formation choisir ?

Une formation à la posture d’encadrement et à la prévention des RPS travaille l’écoute, la communication, la régulation des tensions et l’organisation du travail. La formation aux premiers secours en santé mentale apprend à repérer certains signes de difficulté psychique, apporter une première aide et orienter vers les professionnels adaptés. Les deux approches sont complémentaires.

Votre service social peut vous aider. Contactez ISCIPA au 05 59 31 07 38 ou à l'adresse contact@iscipa.fr.

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